I. Définition du romantisme :
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Le succès des Méditations est immense
et prolongé. Le jeune poète a bénéficié
d'appuis politico-religieux, mais cela n'explique pas totalement un tel
engouement : sept éditions en un an. Les Méditations
se ressentent avant tout de la présence d'un homme : cet homme,
plus que le poète Lamartine tenant un journal en vers, est un homme
jeune et mélancolique ayant aimé une (unique) jeune femme
(Lamartine a en effet aimé Elvire, femme derrière laquelle
se cache en fait plusieurs femmes).
Cet homme, ni en amour, ni en religion n'a atteint un point fixe. Insatisfait, il est en quête de bonheur, c'est pourquoi les Méditations sont un livre phare de la sensibilité française. Le style des Méditations ne tranche pas "révolutionnairement" avec le passé : le vocabulaire reste classique, noble et masqué par la retenue, mais la "musique" des vers rajeunit totalement le style poétique. |
Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards. Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire ;
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| Des thèmes chers au romantisme : Le Moyen-Age
gothique (Notre-Dame de Paris), l'occultisme, la nature (les ruines,
lieux sauvages, grandioses, mélancoliques, en accord avec la sensibilité).
Les mots de passe et de ralliement du romantisme sont : individualité, liberté, engagement, totalité. Les romantiques sont des jeunes gens engagés dans leur siècle. Ils prennent part à la Révolution de juillet, mais l'échec de la Ière République sonne le glas de leurs ambitions. Sous "Napoléon le petit" comme dira Hugo, le réel fait un retour en force contre le rêves et les utopies romantiques. |
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Les principales idées romantiques sont donc
les suivantes : le mal du siècle (l'âme romantique se plaît
à la tristesse, elle prend un sombre plaisir à se sentir
souffrir, désenchantement), l'exaltation du "moi", l'amour de l'amour,
la nature, le goût des ruines, le sentiment religieux, l'histoire,
les rêveries, les visions et les chimères.
Enfin, nous terminerons par la description du romantique-type
selon Théophile Gautier : "Il était de mode alors dans l'école
romantique d'être pâle, livide, un peu cadavéreux s'il
était possible."
En France, la plupart des historiens de la littérature s'accorde
à faire commencer le Romantisme en 1820, mais le Romantisme compte
de nombreux précurseurs appelés préromantiques.
2. Les préromantiques :
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Les tout premiers préromantiques sont Diderot (1713-1884) qui écrit des drames bourgeois et Rousseau avec la Nouvelle Héloïse, Bernadin de Saint-Pierre (1737-1814) qui écrit Paul et Virginie, histoire d'un amour tragique. LeRomantisme s'est développé plus tôt en Allemagne et en Angleterre qu'en France : l'Allemand Gœthe (1749-1832) écrit un drame, Faust qui sera traduit en 1829 par Gérard de Nerval. L'Ecossais Walter Scott (1771-1832) excelle dans les romans historiques (Ivanhoé), ce même personnage rencontre d'ailleurs Alfred de Vigny. L'Anglais Byron (1788-1824) écrit le Chevalier Childe Harold et connaît une fin tragique (il meurt en effet d'une méningite). |
| Madame de Staël (1766-1817) contribue à
faire connaître le Romantisme en France dans son ouvrage De l'Allemagne
; elle écrit également Delphine et Corinne. C'est
elle qui met à la mode le roman autobiographique dont l'exemple
le plus abouti est Adolphe (1816) de Benjamin Constant (1767-1830).
Chateaubriand (1768-1848) écrit les Mémoires d'outre-tombe, dont nous avons déjà parlé, et surtout René. |
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3. Le Cénacle
/ La bataille d'Hernani :
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L'histoire : Dans l'Espagne du XVIème siècle,
trois hommes sont amoureux de la même femme, Dona Sol. L'un est un
vieillard Don Ruy Gomez, l'autre est un proscrit Hernani, le troisième
est le roi Don Carlos. Tel est le scénario - assez complexe il est
vrai - imaginé par Victor Hugo.
Avant même la représentation, des passages en sont colportés, déformés et ridiculisés par les adversaires d'Hugo, partisans du théâtre classique. Lors de la première de la pièce, Hugo et les siens (Théophile Gautier, Gérard de Nerval), ont organisé la claque (des applaudissements). Mais c'est le tollé des biens pensants. A la fin du spectacle, Hugo compte les vers qui n'ont pas été sifflés : impossible, aucune tirade n'a échappé aux quolibets. Hernani est donc le symbole de la querelle entre anciens et nouveaux. C'est le premier grand tumulte provocateur du Romantisme. |
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